CARNET DE DESSEIN

La reconversion professionnelle sans clichés

Avec l’âge le processus de séduction me dépasse

On parle aussi chiffons et séduction sur ce blog! J’ai fait une drôle de rencontre il y a quelques temps. Enfin, disons plutôt qu’elle ne s’est pas déroulée comme je l’avais prévue. En effet, moi qui suit toujours dans la rationalisation de mes rencontres avec les hommes, c’est-à-dire n’attendant pas d’engagement mais tenant à maitriser le processus de rencontre, je me suis retrouvée prise au dépourvu. Aussi, je me rends compte que par ce comportement je ne retiens pas non plus ceux qui seraient susceptibles de m’intéresser. Engager un petit orteil de ma personne ? Je ne sais pas faire. Et toi, plus de trente ans célibataire explique tu ta situation ?

Entre émotions et standardisions des méthodes et des imaginaires de séductions, la question sentimentale me semble sensible, touchant à l’intime et à l’estime de soi. En me renseignant sur la toile pour ce billet, je me suis rendu compte qu’il y avait un marché de la séduction. Par exemple, dans certains blogs, sont relatées les crues difficultés sentimentales, s’arrêtant toujours aux balbutiements de la relation. Dans les autres sont fournies des « méthodes de séduction infaillibles » à la mécanique bien huilée, rationalisant si ce n’est le rapport amoureux, le rapport de séduction. Le public semble se situer entre vingt et trente-cinq ans. Une demande, un marché. Ainsi, je constate donc ne pas être la seule handicapée de la relation.

Ainsi, je me demande si avec l’âge, à tout vouloir rationaliser et contrôler nous ne perdons pas la notion de séduction.

Une rationalisation de la rencontre…

Je crois qu’à la différence des robots, nous ressentons des émotions, ce qui d’après mes lectures comparées serait presque un handicap. Là nous sommes d’accord… Argh, il faut se protéger ! Cependant, à la lecture des blogs séduction, ce que j’assimilais au magnétisme devient « compétence ». Aussi nous apprend-on à trouver notre valeur. Brefs, nous devons trouver de puissants algorithmes permettant de capitaliser nos futurs atouts. Nos investissements sentimentaux, comme financiers doivent être rentables.

Concrètement, pour attirer l’autre dans ses filets, il faut se montrer désirable mais pas trop en demande, souffler le chaud et le froid, essayer de ne pas envoyer le premier sms, etc. Avec tout cela, il faut rester authentique. J’en perds mon latin et essaie de comprendre. Notre imaginaire est peut-être aussi empreinte du film la « dolce vita » dans lequel, l’actrice, Anita Ekeberg apparait comme une nymphe effarouchée. Plastique généreuse et fraicheur d’une naïveté apparente. Bref impossible. Aussi, y repensant, la séduction n’est pas être autocentré, que cela soit sur son physique, ses désirs ou son plaisir.

…S’opposant à la notion même de séduction

J’ai constaté un certain désir de performance chez les hommes. En effet, pour mes potes, plus jeunes, il s’agissait du nombre de conquêtes. En vieillissant, il s’agit de se rassurer sur sa virilité en offrant du plaisir à l’autre. Il parlerons mécanique pour une simple passade, et émotions pour une femme « spéciale ». La différence entre la passade et la femme spéciale est ce « crush » inexpliqué les plongeant dans le rapport de séduction. Il s’agissait souvent de femmes n’étant pas une beauté fellinienne mais qui avaient provoqué chez eux un je ne sais quoi. Il s’agit donc bien de s’ouvrir à l’autre, de le laisser pénétrer son univers, sa sensibilité. Les moments intimes ne sont qu’un prolongement du partage.

La séduction ou le risque d’un rapport de force

Alors pourquoi tant de défiance à l’égard du sexe opposé ? Cela serait un leurre de dire qu’il est tout à fait possible de canaliser nos émotions, mais nous sommes aussi des êtres sociaux dont le comportement est normé et peut être vecteur ou non de rapport de force. Point trop n’en faut mais ces codes permettent de nous protéger par la prise en compte de la valeur de notre personne. N’est-il pas vrai que des histoires foireuses à répétition ont un impact sur notre égo, nos propre image de nous ? Il est ainsi plus facile de ne pas les vivre. Je ne sais pas toi, mais pour ma part je redoute le rapport de force, celui dans lequel, trop d’égard pour une personne te conduit droit contre le mur de l’indifférence. Ainsi, feignons la neutralité de nos échanges. Bah oui, comme c’est facile!

Aussi, telle Narcisse nous idéalisons la quête sentimentale

Aussi, dans un billet, je note que sensibilité à fleur de peau, une jeune femme accepte la proposition d’un plan cul, mais se félicite que l’homme passe la nuit entière chez elle, et commence à cherche des signaux d’intérêt chez l’autre… Ainsi, Nous le savons tous…c’est le début de la fin, d’une attitude stoïque bien entendu. Et dans ce cas comme le dit une expression africaine « tu ne connais plus ta valeur », tu es prêt à tout pour courir après un rêve et non pas séduire aux fins de connaitre la personne en face de toi. Car le problème est souvent que telle narcisse nous sommes désespérés de ne pouvoir rattraper notre propre image. Ainsi, effrayé ou en dépendance affective, nous nous fermons à la rencontre.

La séduction, relevant pour certains d’une science sociale, inviterait à revenir au prosaïsme afin de donner une image avantageuse de soi. Je ne crois pas que cela soit le cas, il s’agit d’un échange naissant d’une envie réciproque de partage sans nul besoin d’intellectualisation ou d’établissement de processus normé. Allez, maintenant, on débranche le cerveau pour « laisser place au naturel » …gling gling ! 70€ le demi-heure !

Annabelle

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