CARNET DE DESSEIN

La reconversion professionnelle sans clichés

Identité sociale et “body positive”

Nous allons parler standards physiques. Tu te demandes le lien avec la reconversion professionnelle? S’accorder du temps pour des interrogations pas si futiles car ton apparence fait partie de ton identité sociale et influence les choix que tu t’accordes de faire. Chacun son éducation, mais, je constate un même effet, le manque d’-auto/acceptation véritable de la/sa différence.

Nous sommes aveuglés par les nimbes des sacro-saints canons de beauté. Les injonctions au bien-être, celles de se sentir bien dans sa peau et dans son corps, sont incarnées dans les médias par des corps sveltes et musclés. Conscients qu’il s’agit de beautés inaccessibles nous voulons tout de même nous en rapprocher. Cependant, est arrivé le mouvement body positive, halte aux standards physiques! Miroir, miroir, tout cela n’est-il qu’une petite histoire égotique ou une course marchande au bien être ?

A la recherche d’un idéal physique

Dans notre quotidien, tout commence comme un Disney, miroir miroir, suis-je le plus beau, le charismatique, le plus…ce que tu voudras.

Je viens de faire une super affaire ! Un pantalon en cuir taille 38, le dernier de cette boutique en ligne évidemment. Au moment de l’achat je me sentais comme une petite chanceuse ! J’allais enfin parfaire mon look de cette pièce indispensable mais pourtant manquante de ma penderie. Aussi, moi, faisant une taille 40, je me disais que c’était le bon prétexte pour perdre les quelques petits kg qui me manquaient. De plus, les séances à la salle de sport allaient-elles m’affiner ! Je ne vous dis pas la déception en l’essayant, quand j’ai constaté que c’était au moins 10kg qu’il fallait perdre. Il taillait visiblement très petit. Aucune séance de cardio ou de Crunch ne pourra me faire perdre les 15 cm de tour de hanches nécessaires. Oui, je passe ma vie à faire des régimes, cela fait partie de mes petits défis du quotidiens. Ne me dis pas qu’il ne t’arrive pas de penser à ta corpulence. Je continue donc mon propos… Je cherche à atteindre mon « idéal », qu’il soit physique ou vestimentaire. Mais quel est-il au juste ?

L’éducation : ou l’influence sur les désirs d’esthétique

L’empreinte éducationnelle et l’environnement social n’est pas exempt d’effet sur la/sa représentation physique. Ou l’apprentissage de soi face aux autres

J’ai été élevée par une mère très concernée par l’aspect physique de ses filles. Adoucie dans ses principes, aujourd’hui elle la nierait très certainement, mais me surgit en tête cette phrase « être présentable est une question de respect des autres ». Elle s’attachait donc à nous préparer des plats équilibrés. En composant mes assiettes, je retiens aujourd’hui ce triptyque : légumes, protéines, féculents. Ce sont donc de vrais cours de chimie qu’elle nous donnait. Nous n’avions aucun problème incident sur la prise de poids, nous rentrions donc dans les vêtements à la mode. Nos désirs vestimentaires étaient assouvis, de vraies petites princesses ! Minces et bien vêtues, nous étions plus que présentables. Bref, de prime abord, nous étions très respectueuses des autres.

Adulte et toujours à la recherche de l’assentiment esthétique

Le look n’est qu’un prétexte pour parler du physique et du look comme marqueur d’intégration sociale.

Arrivée à Paris, je me suis un peu arrondie, ne pouvant adopter le look de la svelte parisienne nonchalante, ma penderie s’est sophistiquée. Tout était dans le détail, du maquillage à la fringue. Dans l’anonymat le plus total, j’affirmais mon bon goût et mon sens du style. J’ai gardé ce look quelques mois en revenant vivre dans ma petite ville bourgeoise d’origine…pas longtemps. Ma mère trouvant toujours quelque chose à redire me fit finalement remarquer que « Enfin Annabelle, tu n’es plus à Paris, ici, c’est le décontract-chic ! ». Information intégrée, je n’ai toujours pas acheté ma paire de mocassins mais, je tache de sortir en jean et chemise. Bref, j’ai l’impression de chercher l’assentiment social, comme si l’apparence relevait d’une norme silencieuse.

L’hypocrisie de cette tendance body positive

La communauté Body positive? Les femmes et leurs rondeurs sont un marché attractif qu’il faut attirer et canaliser. Seule l’image d’une femme forte et affirmée, peut donner envie de consommer – du look. On y arrive mais ce n’est pas encore gagné car les marqueurs sociaux persistes.

Un business de la beauté schizophrène

Ce que je ne vous ai pas encore dit, c’est que j’ai traversé une période d’environ trois ans, hors de la norme – de mon ressenti. Ainsi, pour le vocable masculin j’étais « voluptueuse », bref, j’étais indéniablement ronde, snif snif. Rien à faire, diététiciennes, médecins nutritionnistes médiatiques. J’ajouterais aussi les séances de sport après le boulot. Rien n’y faisait, le psychisme bloquait. D’ailleurs, je n’ai jamais lu autant de livres, et d’articles de magazines féminins relatifs à l’acception de soi. Quelle souffrance de voir des femmes filiformes en une de ces articles, quelle souffrance de ne pas rentrer dans les tailles standard de vêtements. 

Un manque de représentation sociale véritable

Oui, l’acceptation de soit dans une société qui ne nous reconnait pas relevait ainsi d’une force de caractère que je n’avais pas. Entre tribunes volontaristes, et bienveillance, les discours oscillaient. Comment se sentir forte quand la seule représentation de la femmes ronde est celle de la femme forcement joyeuse et rigolote ? Comment l’avoir quand cette la représentation de la femme dans les magazine est celle d’un ovni social qu’il faut accepter avec positivité ? D’ailleurs, allez, tous en cœur…vive la différence !

J’emmerde la communauté des “atypiques” – elle n’existe pas

Alors oui maman, merci de ton attention, merci de m’avoir fait prendre conscience des préjugés sociaux, et de l’existence de ces standards physiques omniprésents. Aussi, pour avoir l’impression de les avoir vécus je les craints aujourd’hui (ça ce n’est pas bien je sais). En effet, à quelles caricatures avons nous affaire! Désolée, mais pour moi, ces discours empreints de positivité ne servent qu’à renforcer l’égo des personnes « dans la norme ». J’y vois aussi une vile tentative de ciblage marketing. Je repense ainsi à des youtubeuses entant entrée dans un challenge body positive et revendant des recettes minceurs quelques temps après. Non je ne suis pas la seule à connaitre des ambiguïtés face à certaines concepts ou situations (voyez ma page à propos), à jouer de l’acceptation de soi alors qu’il est très difficile de ne pas ressembler aux standards sociaux…

Difficile de s’assumer hors des standards physiques

Bref, empreintes éducationnelles et sociales font, je crois, qu’il est toujours difficile de s’assumer lorsque son physique est hors de la norme sociale – car elle existe- ou même hors des standards physiques. N’ai-je pas entendu une fois de la bouche d’une amie : “ma fille est devenue énorme, comment va t-elle trouver du boulot?”. Et oui, la discrimination à l’embauche existe toujours. Je crois que nous somme vraiment très nombreux a avoir connu une éducation faisant un parallèle entre corps et maitrise de soi. De ce que j’en ai vu et ressenti, ce ne sont pas les médias ou les pubs qui permettront l’authentique acceptation de la différence. En effet ces derniers ne sont-ils pas le relais de ces standards physiques?

Pour répondre à l’interrogation du début, de vouloir ressembler aux standards physiques est une histoire égotique car il s’agit d’une (in)satifaction face aux standards sociaux (physique et apparence). Il s’agit en outre d’une course à la consommation du bienêtre suscitée par les magazines communautarisant une population pouvant se reconnaitre comme atypique.

Tu n’es pas d’accord? Je suis à l’écoute des propos de bonne foi.

Annabelle

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