CARNET DE DESSEIN

La reconversion professionnelle sans clichés

Storytelling en période de reconversion professionnelle

Storytelling les amis! Tu t’attends à ce que ton crémier connaisse son producteur, voire qu’il connaisse le doux nom de Marguerite. Dans le supermarché, ton œil se tourne ainsi vers les produits « Ethik », « le bio ne touche pas que les bobos ». Pour ma part les étiquettes me rassurent, et tels d’authentiques produits, le problème est que l’on doit tout le temps rassurer sur sa personne et sur ses projets. En effet, on veut une histoire les amis, de l’authenticité ! Cependant, j’ai l’impression qu’afin d’être capable de bien présenter, il faut broder, s’auto marketer tels d’authentiques bonimenteurs, ou justement pas…ou pas tout le temps.

En période de reconversion professionnelle, parce que le storytelling te demande de projeter un regard optimiste sur ton avenir qui est incertain, il est plus difficile à exprimer que le personal branding. En effet se dernier se base sur nos acquis et répondant à un « simple » jeu de séduction. Bref, il est ainsi plus facile d’avoir un discours construit sur notre parcours que sur nos projets d’avenir. Continue à lire je t’explique ces termes.

Face à une personne qui t’estime en période de flottement professionnel, ne t’es-tu jamais senti incapable d’affirmer tes projets avec assurance ?

Il est plus facile de construire un discours ne touchant pas à nos envies intimes

Que cela soit du storytelling ou du personal branding, il s’agit de pouvoir raconter une histoire. L’histoire inspirée de notre vie -personnelle ou professionnelle-, celle transportant son interlocuteur. Si pour le premier, il s’agit d’affirmer son charisme, le second est plus dans la séduction. Aussi, c’est avec un peu d’exagération que je repense au fait que paradoxalement, je suis incapable de parler avec passion de mes projets. Cependant ma -feu- présentation professionnelle était un doux conte dont ma maitrise du rythme narratif ferait pâlir un griot. Quel que soit le secteur dans lequel tu travailles, tu te dois de marketer ton discours. Aussi, quel que soit ton employeur, tu te dois de marketer ta personne professionnelle. Quand tu es en période de transition professionnelle, tu n’as pas eu l’occasion d’apprendre à speetcher tes ambitions et ton storytelling… et là panique à bord !

Le storytelling de sa phase de transition afin de se donner un air rassurant

Il y a de fortes chances que tu aies déjà entendu cette phrase : « Tu fais quoi dans la vie ? »
Pour ma part, bien que j’aimerais répondre beaucoup de choses, autant vous dire que la question m’embarrasse. Depuis que je suis en reconversion professionnelle, ou période de flottement professionnel pour certains, j’ai l’impression qu’il est urgent de penser à une structure narrative expliquant mon choix de vie. Faire du storytelling ! De raconter la retraite de mes épopées professionnelles et le plan de mes succès futurs. Telle Pangloss, l’optimiste acolyte de Candide, « Tout va pour le mieux dans le meilleurs des mondes ».

Le storytelling pour expliquer ses ambitions

En plus avouons que cela en jetterait, et séduirait même les personnes bienveillantes qui se voient le droit, de par ta situation « préoccupante », de te poser des questions indélicates. Dans mon cas, je formaterais bien un récit tel que celui-là : « Mon ancien métier de chargée d’études actuarielles m’a insufflé le goût des chiffres et des statistiques. Le droit comme la statistique étant des sciences cartésiennes, je compte ainsi passer le concours du barreau, afin de capitaliser cette expérience de sept ans. Vous comprenais, je souhaiterais plaider ainsi les causes des entreprises en difficultés…voyez, parlons chiffres, savez-vous qu’en 2018, il y a eu plus de 54 208 défaillances d’entreprises selon l’INSEE. Constatez comment statistiques et bilans se confondent ! Il y a là un avenir prometteur ».

Bref, il faut emporter la conviction par des arguments raisonnés. La vérité, est évidemment plus complexe et les sentiments ou vecteurs de cette réorientation sont plus personnels quoiqu’aussi prosaïques.

Plus facile de s’essayer au personal branding

Cependant, j’ai toujours eu l’impression de devoir marketer un discours. Par exemple, en tant que professionnelle, ce n’était pas du storytelling mais du personal branding. Il fallait promouvoir mes compétences et véhiculer l’image d’une personne affirmée -mais pas trop- et bien dans ses baskets de technicien. Par exemple, la centaine d’entretiens que j’ai pu passer dans ma carrière m’a permis de comprendre les attentes du chargé de ressources humaines. Ainsi j’ai appris à me montrer, sociable, dynamique et dont le discours lisse, constellé de légères aspérités finissait de les convaincre. Bref, un rôle par vraiment sur mesure mais parfaitement joué, il fallait user de son charme, séduire. Aussi, outre un profil LinkedIn propre et renseigné (notre carte de visite), il suffit d’en lire les post publiés pour comprendre les soft skills attendues du salarié V 2.0.

En fait il s’agit de se confronter à ses propres craintes

Pour résumer, lorsque tout est à construire et se trouve encore à l’état de projet, voire de rêve pour certains, il est alors difficile vendre un discours rassurant, on a peur de s’impliquer. Peur d’impliquer nos attentes et nos émotions devant les autres, car après tout, souvent, on va vers ce qui nous fait plus vibrer. S’il y a la peur de passer pour une personne déraisonnable, j’ajouterais qu’intervient aussi la peur du regard des autres sur un échec futur… « Et oui, c’était prévisible, vue dans quoi il s’engageait », « tout cet investissement dans le vent », etc. Construire le speech de son projet implique en amont de se confronter à nos propres craintes, car en y pensant bien, finalement, quand on assume, on se fout un peu du regard des autres, non ?

Allez, tu te sens de me raconter l’histoire assumée de tes projets ?

Annabelle

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