CARNET DE DESSEIN

La reconversion professionnelle sans clichés

L’hyper positivité vectrice de solitude?

J’aurais pu faire un post sur la nécessité des moments de solitude pour méditer, finalement ça y ressemble, et je crois que toi, toujours de soirées, tu pourrais être intéressé par ce billet.

Indéniablement, la solitude est un tabou social, il ne faut pas dire que l’on se sent seul. A la question qu’as-tu fait ce week-end, la réponse se fait évasive si nous n’avons pas eu le privilège de la compagnie.

Si de façon superficielle est en jeu notre désirabilité sociale, se pose la question de notre capacité au partage. Sourds et aveugles aux maux des autres, ne sommes-nous pas les auteurs comme les victimes de nos solitudes ?

Peut-être que le manque de luminosité de la journée a un peu aidé ce billet

Peut-être est-ce parce qu’aujourd’hui les rayons du soleil ont du mal à percer les nuages que j’ai ce genre de réflexions, ou parce qu’hier, samedi, comme les deux samedi précédents, je ne suis pas sortie embrumer mes pensées en soirée. Je n’ai pas de réponse, un coup de mou, ça arrive. Bien qu’entre Sylvester et The Fat Larry’s Band j’aie ma petite « bande-son remède », indubitablement, je me sens d’humeur lyrique. Je pense à mes connaissances, à mon entourage, et constate que célibataire, comme en couple on peut se sentir seul. Je suis actuellement entourée de ma famille, et je me sens seule. Et alors, où est le problème à le dire, où est la honte ?

Comment nous cachons notre solitude sociale

Cela ne t’ai jamais arrivé, toi, de voir un pote la semaine arrivant, et que celui-ci, après t’avoir raconté sa super soirée te demande, et « toi ton week-end ? » Embarrassé, tu te sens rougir, mais sauvant l’honneur tu lui réponds « …j’ai chillé ! tu comprends j’avais envie de rester tranquille, après cette dure semaine ». Que dire du lundi matin, au boulot, lorsqu’il faut pudiquement éviter de parler du samedi soir, mais, qu’il faut décrire son ébahissement face à la dernière expo de la rentrée ou de la saison, alors même tu t’es retrouvé face à ce que tu considères comme un mur de croutes.  Ce que tu n’es cependant pas obligé de mentionner dans ce dernier cas, c’est que tu étais seul. Ton irascible envie de créer du lien social t’a poussé jusqu’au musée, mais tu n’y a pas fait de rencontres, et tu n’avais personne avec qui partager tes impressions.  

Comment nous cachons notre sentiment de sollicitude

Il est de coutume de demander aux connaissances que l’on croise « Et toi comment vas-tu ». Cependant, nous ne nous attentons pas à ce qu’elles nous répondent « très mal, les ennuis s’accumulent ». Nous posons la question presque machinalement, et la réponse positive relève du code social. Personnellement, cela me déstabiliserait beaucoup qu’une connaissance m’avoue qu’elle va très mal. Je ne sais pas toi mais, quand bien même je m’adresse à des amis, je réponds pudiquement que je vais bien, et distille sans insister quelques éléments de mon mal être durant la conversation, afin qu’elle/il ait le choix d’aborder ou non le problème. Ce sont mes amis mais pudeur sociale oblige !

L’injonction à l’hyper positivité, cause de notre solitude ?

Quelle soit sociale ou plus intime, il y a un point commun la solitude est une cécité sociétale. Nous restons aveugles et sourds aux maux de nos prochains. Nous ne voulons ni la voir, ni l’entendre, elle nous fait fuir, voire nous angoisse. Ne nous conseillons nous pas de fuir les personnes négatives, ou dégageant de mauvaises ondes ? Et oui, elles risqueraient de nous faire prendre conscience de son existence, de l’entièreté de sa personne, avec ses zones d’ombres. Fréquentons-nous mais point trop n’en faut, pas d’histoires, balayons devant notre porte ! Que dire de ces discours hyper volontaristes et individualistes que nous retrouvons dans certains livres ou magazines, devant, à mon avis avoir des effets néfastes sur l’estime de soi ? Finalement, pour l’un il faudrait méditer pour prendre de la distance avec ses problèmes, et pour l’autre, il faudrait se « créer une bulle nous écartant de la négativité ». Nous serions des marionnettes sans âmes…il est tacitement convenu que nous nous rencardons autour d’un pot mais c’est pour passer un moment sympa. Je ne conteste pas que nous avons besoin de nous déconnecter d’un foyer un peu trop envahissant ou de nos ennuis propres. Cependant, pouvons-nous nous montrer altruiste envers l’Autre seulement lorsque celui-ci va bien, et se contenter de faire sa B.A sociale – ou son égo trip- en faisant le service au Resto du cœur ? Est-il possible de ne pas voir que celui auquel nous distribuons le colis souffre avant tout d’exclusion donc de solitude ? Serions-nous prêts à lui accorder de notre temps et à lui prêter notre oreille. Serions-nous prêts à nous confronter à la misère ? La réponse est probablement non, car cela nous projetterait hors de notre bulle de positivité, nous serions confrontés à l’angoisse et à la négativité.

Perso, je reconnais mes antagonismes

Personnellement, il m’est souvent arrivé de ne pas vouloir sortir car je n’avais pas envie de « fake », j’aurais bien voulu boire un pot mais pour écouter et être entendue, tout simplement car cela fait du bien de partager. Beaucoup d’autre fois, je ne suis pas sortie car j’étais seule, personne n’était disponible dans mon entourage ce soir-là. Aujourd’hui je me sens amicalement seule car j’ai probablement fui des personnes dont le contexte m’angoissait. Finalement, en pensant à la solitude, je me rends compte que nous sommes face à nos antagonismes, nous voulons être compris sans vouloir écouter l’autre, et nous voulons faire des rencontres partielles en voulant être acceptés dans son entièreté. En attendant, ne devons-nous pas lever les yeux de notre petit nombril avant de pouvoir partager ?

Non, mais sans non plus être négative, je te demande, ça te dirais de partager un moment sympa ?

Annabelle

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