CARNET DE DESSEIN

La reconversion professionnelle sans clichés

Sylvie : De l’immobilier à la création d’une boutique de décoration

Ce que m’a appris Sylvie aujourd’hui est la raison pour laquelle il ne faut pas écouter tous les conseils de son entourage lors d’une reconversion professionnelle : « ils ne savent pas ce que tu as dans le cœur », ce que tu imagines et ce que tu conceptualises pour ta future entreprise. C’est ton supplément d’âme, ce que tu apportes de toi et donc la nouveauté d’une offre qui fera ta différence.

C’est l’histoire de Sylvie, ou de sa boutique nichée aux abord du Port de Ciboure (64). Sylvie, ancienne négociatrice en immobilier a ouvert une élégante échoppe aux couleurs « Terre, car c’est la vie », et aujourd’hui elle cartonne.

La boutique, l’émanation de Sylvie

En entrant pour la première fois dans sa boutique, ce qui m’a frappé chez Sylvie était sa douceur et son calme, tranchant avec le contraste de matériaux bruts et de végétal. Le cuir côtoie le bois, la toile de jute, la fibre de chanvre, la porcelaine. Cette « boutique monde », trouve toute sa cohérence dans l’âme de ses objets pensés et travaillés par des créateurs locaux ou plus exotiques. Ces objets choisis avec le « cœur » résonnent tous en cohérence avec l’ambiance de la boutique, instillée par les différents voyages de Sylvie. Je comprendrais plus tard, au cours de notre conversation qu’elle est la matérialisation d’un tempérament animé, ouvert et sincère. Tout comme la couleur « naturel » de sa boutique -dit-elle-, elle est nature Sylvie. Finalement elle nous invite tous dans sa maison, nous offrant des pièces uniques, à tous les prix !

Une reconversion professionnelle évidente

Tout a commencé lorsqu’après des études en aménagement du territoire urbain, elle décide de revenir dans sa ville natale, peut-être guidée par les vibrations de ses ascendants. Ayant fait le choix du cadre de vie, elle a trouvé un premier emploi dans le tourisme. Repérée pour son implication au travail par un agent immobilier, elle entame alors une carrière comme négociatrice en immobilier. L’aventure durera treize ans. Troublée par une ambiance de travail se dégradant, et le décès de ses parents, elle se dit qu’il faut prendre le temps de vivre. Ainsi, durant un congé maternité de trois ans, elle prend le temps de penser à une reconversion professionnelle. Issue d’une famille de commerçants, et passionnée de décoration, l’ouverture d’une boutique de décoration s’impose comme une évidence.

Les difficultés lorsque l’on souhaite créer son commerce

Les difficultés lors de sa reconversion sont inhérentes à l’accompagnement des créateurs d’entreprise, à l’époque mal orientée par une conseillère peut être blasée d’un organisme dont elle ne citera pas le nom, elle est orientée par Pôle emploi, vers une association d’aide à la reconversion professionnelle et à l’entreprenariat. Elle trouvera alors l’aiguillage nécessaire à la création de son projet professionnel. Si l’on n’y pense pas, une fois, le business plan fignolé, l’une des difficultés est alors de trouver un local. Ayant à cœur d’ouvrir sa boutique dans sa ville d’origine, elle persiste pour y trouver un local malgré les faibles offres, et finit par s’installée en juin 2016.

De ses premiers pas de commerçantes à sa présence « indispensable sur les réseaux sociaux »

Les dix-huit premiers mois de l’aventure l’accaparent beaucoup, elle voit peu sa famille, tient à voir aboutir et prospérer son projet. Ainsi me dit-elle que la boutique représente le sommet de l’iceberg, les neuf dixièmes restant, que sont la gestion du service après-vente de ses fournisseurs, sa présence sur les réseaux sociaux sont tout aussi chronophages. Je crois que durant ces premiers mois, elle dû apprendre le métier de commercant 2.0 pour lequel l’originalité, et la qualité doivent être irréprochables. En outre comme elle me l’a fait remarquer, la présence et la maitrise les réseaux sociaux est indispensable pour pouvoir inviter locaux comme chalands dans son univers. En fait, je définirais cela un peu comme de l’inbound marketing, c’est-à-dire attirer et fidéliser sa clientèle par une stratégie de contenu afin d’inviter les curieux à découvrir sa pâte. Ce qui m’épate, cependant c’est que malgré ses 2600 respectifs Followers sur Facebook et sur Instagram, je n’ai pas eu l’impression de me trouver dans une de ces boutiques « instagramables » du Marais parisien (ou de leurs pâles copies).

Son conseil ? Ne pas se lancer dans le commerce si les heures extensives te font peur.

Et si l’impression de sa pâte personnelle était le secret d’une reconversion professionnelle réussie ?

PS : Merci Sylvie de m’avoir fait partager ton univers. Découvrez la boutique Maitalu 21 quai Ravel CIBOURE

Annabelle

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